IND-UT-133

Fiche CEE IND-UT-133 — Drive régénératif

Fiche CEE : IND-UT-133. Secteur : industrie. Puissance moteur : jusqu'à 1 MW.

Dernière vérification : 10/2026 — version A28-1

Le drive régénératif récupère l'énergie de freinage des moteurs et la renvoie sur le réseau interne plutôt que de la dissiper en chaleur. La fiche IND-UT-133 « Système électronique de pilotage d'un moteur électrique avec récupération d'énergie » finance l'installation de tels systèmes (variateurs réversibles à quatre quadrants) sur un moteur neuf ou existant, uniquement pour des applications industrielles de levage ou de centrifugation : ponts roulants, palans, monte-charges, centrifugeuses, essoreuses. Les gains dépendent de la part du temps passé en freinage.

Synthèse de la fiche

  • Objectif : Récupérer l'énergie de freinage d'un moteur et l'autoconsommer en totalité sur le site.
  • Équipement : Système électronique de pilotage avec récupération d'énergie (variateur réversible à quatre quadrants, ou « drive régénératif »).
  • Critères clés : Application de levage ou de centrifugation ; moteur triphasé asynchrone ou synchrone de puissance utile unitaire ≤ 1 MW ; étude de dimensionnement préalable ; 100 % de l'énergie récupérée autoconsommée ; installations provisoires exclues ; non cumulable avec IND-UT-102.
  • Gains typiques : proportionnels au temps passé en freinage (à évaluer dans l'étude de dimensionnement).
  • Calcul CEE : H × F × 9,25 × P (heures de fonctionnement annuelles × part du temps en freinage × 9,25 × puissance utile du moteur). Durée de vie conventionnelle : 15 ans.
Schéma de principe d'un drive régénératif (IND-UT-133)
Le drive régénératif renvoie l'énergie de freinage du moteur vers le réseau électrique au lieu de la dissiper en chaleur.

À quoi ça sert ?

Le drive régénératif est un variateur de vitesse capable de renvoyer l'énergie cinétique vers le réseau au lieu de la dissiper en résistances de freinage.

Applications éligibles à la fiche IND-UT-133 (levage ou centrifugation) :

  • Ponts roulants, portiques, palans et monte-charges (levage/descente de charges lourdes).
  • Centrifugeuses et essoreuses industrielles.

D'autres machines à freinages fréquents (convoyeurs inclinés, machines-outils, bobineuses/débobineuses) peuvent techniquement bénéficier d'un drive régénératif, mais elles ne relèvent pas de la fiche IND-UT-133, limitée au levage et à la centrifugation. Les installations provisoires (par exemple une grue de chantier) sont exclues.

Le système permet aussi de réduire la chaleur dissipée dans les résistances de freinage, limitant la climatisation des locaux électriques.

Critères CEE (synthèse non littérale)

La fiche IND-UT-133 fixe les conditions suivantes.

  • Mise en place d'un système électronique de pilotage d'un moteur électrique neuf ou existant permettant de récupérer l'énergie de freinage d'une application industrielle de levage ou de centrifugation.
  • Installation sur un moteur électrique triphasé asynchrone ou synchrone de puissance utile unitaire inférieure ou égale à 1 MW, par un professionnel.
  • L'électricité produite par récupération de l'énergie de freinage est autoconsommée en totalité, uniquement par le site bénéficiaire.
  • Étude de dimensionnement préalable, établie, datée et signée par un professionnel ou un bureau d'étude, précisant : le descriptif de l'application et des équipements, la puissance du système installé, la puissance utile de chaque moteur piloté, la durée annuelle de fonctionnement de chaque moteur et son pourcentage de temps en mode frein, la justification que le réseau interne peut réutiliser à tout instant la totalité de l'énergie de freinage, et l'évaluation des économies attendues. C'est le document justificatif spécifique de l'opération.
  • Installations provisoires (ex. : grue de chantier) exclues.

La fiche n'impose ni instrumentation de l'énergie régénérée, ni norme de sécurité particulière : ces points relèvent des bonnes pratiques.

Éligibilité — check-list

Les quatre premiers points découlent de la fiche ; les suivants sont des bonnes pratiques, non exigées pour la prime.

  • Application de levage ou de centrifugation, installation non provisoire, moteur triphasé ≤ 1 MW de puissance utile.
  • Étude de dimensionnement préalable datée et signée, avec durée de fonctionnement et pourcentage de temps en freinage de chaque moteur.
  • Justification, dans l'étude, que le réseau interne absorbe à tout instant 100 % de l'énergie de freinage (autoconsommation totale).
  • Pas de valorisation IND-UT-102 pour la même opération (non-cumul).
  • Conseil : contractualisez la prime avec un obligé ou un délégataire avant de signer le devis.
  • Conseil : étude de sélectivité des protections adaptée au sens régénératif, plan de mesure (compteur bidirectionnel) et contrat de maintenance.

Prime CEE — ordre de grandeur

Formule officielle : kWh cumac = H × F × 9,25 × P

  • H : durée de fonctionnement annuelle (en heures) de chaque moteur piloté, phases moteur et phases de freinage additionnées, indiquée dans l'étude de dimensionnement.
  • F : part du temps de fonctionnement passée en freinage, indiquée dans l'étude (5 % → 0,05).
  • P : puissance utile du moteur (kW), lue sur sa plaque signalétique.
  • Plusieurs moteurs pilotés par un même système : le calcul est fait pour chaque moteur puis additionné (H1 × F1 × 9,25 × P1 + H2 × F2 × 9,25 × P2 + …).

Exemple : pont roulant 200 kW fonctionnant 4 000 h/an, avec 30 % du temps en freinage.

Calcul : 4 000 h/an × 0,3 × 9,25 × 200 kW = 2 220 000 kWh cumac

Prime CEE (hypothèse de prix de 8,2 €/MWh cumac) : 2 220 MWh cumac × 8,2 € = 18 204 €

CAPEX : 28 000 € (drive + installation). Économie énergétique : 14 400 €/an (0,15 €/kWh) (ordres de grandeur indicatifs).

ROI net : (28 000 € - 18 204 €) / 14 400 € ≈ 0,68 an.

Pour comparer les valorisations observées sur le marché, appuyez-vous sur notre baromètre des prix et aides CEE.

Preuves & contrôles

Pièces exigées par la fiche :

  • Preuve de réalisation (facture) mentionnant l'installation d'un système électronique de pilotage d'un moteur électrique avec récupération d'énergie (ou « système de variation électronique réversible à quatre quadrants »).
  • À défaut : facture mentionnant l'installation d'un équipement permettant de récupérer l'énergie de freinage, avec sa marque et sa référence, complétée par un document du fabricant attestant qu'il s'agit d'un système électronique de pilotage avec récupération d'énergie.
  • Étude de dimensionnement préalable (document justificatif spécifique), datée et signée, avec les éléments listés plus haut.
  • Attestation sur l'honneur signée.

Pièces utiles à conserver (non exigées par la fiche) : rapport de mise en service, relevés de l'énergie régénérée, PV de vérification des protections électriques. Un contrôle porte notamment sur la cohérence entre l'installation, l'application (levage ou centrifugation) et les données H, F et P de l'étude.

Non-cumul & points de vigilance

Ce sont 4 points de vigilance à anticiper avant de déposer un dossier CEE IND-UT-133.

  • La fiche précise qu'elle n'est pas cumulable avec l'opération IND-UT-102 « Système de variation électronique de vitesse sur un moteur asynchrone ».
  • Vérifiez la compatibilité avec les onduleurs ou UPS présents sur le réseau (risque de rétro-alimentation).
  • Prévoir une régulation de température dans les coffrets (même si moins de chaleur dissipée, la ventilation reste nécessaire).
  • Mettre à jour l'étude CEM et les filtres pour respecter les limites d'émission harmonique.

Cas d'usage & ROI (3 mini-cas)

(Hypothèses pour les calculs : H = 4 000 h/an de fonctionnement, F = 30 % du temps en freinage, hypothèse de prix de 8,2 €/MWh cumac. Investissements, économies et ROI : ordres de grandeur indicatifs.)

Monte-charge industriel (levage)

Moteur de 75 kW : 4 000 × 0,3 × 9,25 × 75 = 832 500 kWh cumac. Investissement : 15 000 €. Prime CEE : 832,5 MWh cumac × 8,2 € ≈ 6 800 € | Économies : 6,2 k€/an | ROI net : ~1,3 an.

Centrifugeuse pharmaceutique

Moteur de 55 kW : 4 000 × 0,3 × 9,25 × 55 = 610 500 kWh cumac. Investissement : 12 000 €. Prime CEE : 610,5 MWh cumac × 8,2 € ≈ 5 000 € | Économies : 9 800 €/an | ROI net : ~0,7 an.

Portique de levage

Moteur de 132 kW : 4 000 × 0,3 × 9,25 × 132 = 1 465 200 kWh cumac. Investissement : 25 000 €. Prime CEE : 1 465,2 MWh cumac × 8,2 € ≈ 12 000 € | Économies : 18 000 €/an | ROI net : ~0,7 an.

Une bobineuse ou une machine-outil, même équipée d'un drive régénératif, n'est pas éligible : la fiche est réservée au levage et à la centrifugation.

Envie d'explorer d'autres combinaisons moteurs + variateurs ? Parcourez l' index complet des fiches CEE industrielles pour identifier les synergies possibles.

Mise en service d'un drive régénératif

La mise en service d'un drive régénératif se déroule en 5 étapes clés pour garantir la performance et la conformité CEE.

  1. Analyse réseau : mesurer le THD existant, vérifier la capacité d'absorption des autres charges.
  2. Paramétrage : définir tensions, limites de courant régénératif, rampes, séquences freinage.
  3. Tests de sécurité : déclencher volontairement un arrêt d'urgence pour vérifier l'absence de surtension.
  4. Mesures de validation : enregistrer l'énergie renvoyée sur plusieurs cycles, calculer le gain.
  5. Mode secours : configurer un by-pass résistif pour assurer la continuité en cas de défaut.

Indicateurs de suivi recommandés

Ce sont 4 indicateurs clés à mesurer pour valider le bon fonctionnement d'un drive régénératif IND-UT-133.

  • Énergie régénérée (kWh/mois) comparée aux économies évaluées dans l'étude de dimensionnement.
  • Température module IGBT pour anticiper les dérives (alarme > 85 °C).
  • THD courant en amont : à surveiller par rapport au seuil fixé avec votre fournisseur ou votre bureau d'étude.
  • Nombre de défauts variateur : surveiller les alarmes surtension ou déséquilibre réseau.

Erreurs fréquentes

Ces 4 erreurs sont les plus courantes lors de la mise en service de drives régénératifs en industrie.

  • Installer le module régénératif sans vérifier l'onduleur ou UPS aval.
  • Oublier la mise à jour du schéma électrique et des protections différentielles.
  • Ignorer la ventilation : un variateur encrassé perd en rendement et génère des défauts thermiques.
  • Sous-estimer l'étude de dimensionnement préalable : c'est le document justificatif exigé par la fiche (durées de fonctionnement, temps en freinage, capacité du réseau interne à autoconsommer 100 % de l'énergie récupérée).