IND-BA-114

Fiche CEE IND-BA-114 — Conduits de lumière naturelle

Dernière vérification : 10/2026 — Version A15-1 en vigueur (texte officiel relu le 10/10/2026)

Synthèse de la fiche

  • Objectif : Éclairer des zones sombres ou profondes de bâtiments industriels existants avec la lumière du jour pour réduire l'éclairage artificiel.
  • Équipement : Conduits de lumière naturelle avec pilotage de l'éclairage électrique en fonction des apports de lumière naturelle.
  • Critères clés : taux de transmission lumineuse du tube ≥ 95 % pour 1,2 m de tube (CIE 173:2012) ; résistance thermique de la costière ≥ 0,30 m².K/W (sauf outre-mer) ; pose par un professionnel.
  • Durée de vie conventionnelle : 20 ans.
  • Calcul CEE : 17 100 kWh cumac/m² × coefficient (1 en France métropolitaine, 1,5 en outre-mer) × somme des sections des tubes installés.

La fiche IND-BA-114 finance la mise en place de conduits de lumière naturelle (tubes de lumière, « light pipes ») dans les bâtiments industriels existants, en France métropolitaine comme en outre-mer. Ces équipements captent la lumière du jour en toiture et la canalisent vers des zones intérieures profondes. Couplés au pilotage de l’éclairage électrique exigé par la fiche, ils réduisent la durée d’allumage des luminaires en journée et améliorent le confort visuel. Cette page reprend les exigences officielles et propose des méthodes concrètes pour monter un dossier CEE sans surprise.

À quoi ça sert ?

Le conduit de lumière est un système passif composé d’un dôme collecteur, d’un tube hautement réfléchissant et d’un diffuseur optique. Sa vocation est d’acheminer la lumière du jour sur des zones éloignées des façades (ateliers hauts ou cloisonnés, zones de préparation). Les bénéfices attendus pour un site industriel, à évaluer par une étude d’éclairage :

Schéma de principe d'un conduit de lumière naturelle (IND-BA-114)
Un dôme capte la lumière, un tube la transmet et un diffuseur l'injecte dans la pièce.
  • Réduire les heures d’allumage des luminaires sur les plages diurnes.
  • Répartir la lumière de manière homogène pour limiter les zones d’ombre et la fatigue visuelle.
  • Limiter les déperditions par la toiture grâce à une costière isolée (exigée par la fiche en métropole).
  • Apporter de la lumière naturelle sans percer les façades, ce qui peut faciliter l’intégration dans des zones sensibles (agroalimentaire, pharmacie).

Par rapport aux lanterneaux (IND-BA-113), le conduit cible des zones profondes ou des locaux où l’on veut éviter l’éblouissement. Le remplacement des luminaires eux-mêmes n’est plus finançable par la fiche IND-BA-116, abrogée depuis le 25/02/2026.

Critères CEE (synthèse non littérale)

  • Secteur : Bâtiments industriels existants.
  • Dispositif : Conduits de lumière naturelle avec pilotage de l’éclairage électrique en fonction des apports de lumière naturelle.
  • Taux de transmission lumineuse du tube : Supérieur ou égal à 95 % pour 1,2 mètre de longueur de tube, évalué selon le rapport technique CIE 173:2012.
  • Résistance thermique de la costière : Supérieure ou égale à 0,30 m².K/W (non exigée en France d'outre-mer).
  • Installation : Réalisée par un professionnel.

Éligibilité — check-list opérationnelle

Questions à valider avant lancement (conseils)

  • Le bâtiment présente-t-il des zones éloignées des façades ou mal éclairées en journée ? La fiche ne fixe aucun seuil de profondeur ni de hauteur.
  • Une étude de lumière naturelle (FLJ) a-t-elle été réalisée ? Elle n’est pas exigée par la fiche mais aide à positionner les conduits.
  • Les conduits sélectionnés atteignent-ils 95 % de transmission lumineuse pour 1,2 m de tube (CIE 173:2012) et une costière d’au moins 0,30 m².K/W ?
  • L’éclairage électrique peut-il être piloté automatiquement en fonction des apports de lumière naturelle ?
  • Le plan de toiture intègre-t-il la gestion de la vapeur, des condensats et l’étanchéité (solins, bavettes) ?

Points administratifs

  • Rôle actif et incitatif de l’obligé (ou de son délégataire) formalisé avant la date d’engagement de l’opération (acceptation du devis).
  • Devis et facture mentionnant la référence des conduits, la section des tubes, les quantités et le pilotage de l’éclairage.
  • Photos datées avant travaux montrant la zone sombre et les luminaires en place (conseil).
  • Attestation sur l’honneur complétée et signée par un représentant habilité.
  • Calcul des kWh cumac fondé sur la somme des sections des tubes installés.

Prime CEE — Calcul officiel

La fiche IND-BA-114 utilise un calcul forfaitaire basé sur la section totale des tubes des conduits de lumière installés. La durée de vie conventionnelle est de 20 ans.

Formule de calcul kWh cumac

Montant [kWh cumac] = 17 100 × C × S

Où :

  • 17 100 : Montant en kWh cumac par m², identique pour tous les territoires.
  • C : Coefficient géographique (1 pour la France métropolitaine, 1,5 pour la France d’outre-mer). Il ne s’agit pas d’une zone climatique H1/H2/H3.
  • S : Somme des sections de la totalité des tubes des conduits de lumière naturelle installés, en m².

Exemple de calcul

Pour une installation de conduits de lumière naturelle avec une section totale de 15 m² en France métropolitaine :

Paramètre Valeur Commentaire
Section totale (S) 15 m² Exemple pour 30 conduits de Ø 800 mm (30 × π × 0,4² ≈ 15 m²)
Montant unitaire 17 100 kWh cumac/m² Valeur unique de la fiche
Coefficient (C) 1 France métropolitaine (1,5 en outre-mer)
kWh cumac 17 100 × 1 × 15 = 256 500 kWh cumac En outre-mer : 17 100 × 1,5 × 15 = 384 750 kWh cumac
Prime CEE indicative (hypothèse de prix de 8,2 €/MWh cumac) 256,5 × 8,2 ≈ 2 103 € Seul le prix contractuel de l’obligé fait foi

Guide complet prix CEE →

Preuves & contrôles

La preuve de réalisation de l’opération mentionne :

  • la mise en place d’un ou plusieurs conduits de lumière naturelle ;
  • le taux de transmission lumineuse des tubes, déterminé selon le rapport technique CIE 173:2012 ;
  • la section (en m²) des conduits ;
  • la résistance thermique R de la costière en m².K/W (sauf en France d’outre-mer) ;
  • la mise en place du pilotage de l’éclairage électrique en fonction des apports de lumière naturelle.

À défaut, la preuve mentionne la marque et la référence des équipements, leur section et le pilotage de l’éclairage ; elle est complétée par un document du fabricant ou d’un organisme accrédité (COFRAC ou équivalent européen) indiquant qu’il s’agit d’un conduit de lumière naturelle, avec le taux de transmission lumineuse du tube et la résistance thermique de la costière déterminés selon la CIE 173:2012.

Contrôles : IND-BA-114 ne figure pas à l’annexe II de l’arrêté du 28 septembre 2021 relatif aux contrôles (version en vigueur depuis le 05/09/2026) ; aucun taux minimal de contrôle spécifique n’est fixé pour cette fiche par ce texte. Conserver études photométriques, plans d’implantation, photos et paramétrage des capteurs reste une bonne pratique.

Non-cumul & vigilance

  • La fiche ne contient pas de règle de non-cumul spécifique : faites confirmer par l’obligé et par chaque financeur les règles de cumul avec d’autres aides avant la signature du devis.
  • Coordonnez le chantier avec IND-BA-110 et IND-BA-117 si d’autres travaux sont prévus en toiture ou en partie haute.
  • En zone ATEX, choisissez des matériaux adaptés et vérifiez que les dômes ne remettent pas en cause le classement de zone.
  • Prévoir une fermeture nocturne ou un volet motorisé sur les sites chauffés en continu (conseil).
  • Nettoyage périodique des dômes recommandé pour conserver la performance lumineuse (non exigé par la fiche).

Cas d’usage & ROI

Simulations fictives, pas des cas clients. Les kWh cumac appliquent la formule officielle ; la prime repose sur une hypothèse de prix de 8,2 €/MWh cumac ; les investissements sont des hypothèses. Les économies annuelles dépendent de la puissance d’éclairage pilotée et des heures d’occupation : elles doivent être établies par une étude propre au site.

Plateforme e-commerce

Contexte : Installation de conduits de lumière naturelle avec une section totale de 10 m² sur les allées de préparation d'un bâtiment en France métropolitaine (éligible seulement si le bâtiment relève du secteur industriel).

Investissement : 165 000 € (hypothèse).

kWh cumac : 17 100 × 1 × 10 m² = 171 000 kWh cumac.

Prime CEE (hypothèse de prix de 8,2 €/MWh cumac) : 171 × 8,2 ≈ 1 402 €.

La prime couvre environ 0,8 % de l’investissement (1 402 / 165 000) : le ROI dépend surtout des économies d’éclairage réelles.

Atelier pharmaceutique

Contexte : Installation de conduits de lumière naturelle avec une section totale de 5 m² dans un atelier pharmaceutique nécessitant un éclairage constant et de qualité.

Investissement : 50 000 € (hypothèse).

kWh cumac : 17 100 × 1 × 5 m² = 85 500 kWh cumac.

Prime CEE (hypothèse de prix de 8,2 €/MWh cumac) : 85,5 × 8,2 ≈ 701 €.

La prime couvre environ 1,4 % de l’investissement (701 / 50 000).

Usine automobile

Contexte : Installation de conduits de lumière naturelle avec une section totale de 8 m² sur des postes de contrôle final dans une usine automobile.

Investissement : 80 000 € (hypothèse).

kWh cumac : 17 100 × 1 × 8 m² = 136 800 kWh cumac.

Prime CEE (hypothèse de prix de 8,2 €/MWh cumac) : 136,8 × 8,2 ≈ 1 122 €.

La prime couvre environ 1,4 % de l’investissement (1 122 / 80 000).

Mise en œuvre & planning

  1. Étude lumière : calcul FLJ, simulation Dialux, positionnement conduits et dimensionnement diffuseurs.
  2. Validation structure : vérification charpente, étanchéité, plan de calepinage, dispositifs anti-eau.
  3. Coordination de la régulation : paramétrage des capteurs, scénarios d’extinction ou de gradation de l’éclairage existant.
  4. Installation : pose conduit, costière isolée, tests d’étanchéité, raccordements électriques si clapet motorisé.
  5. Réception : mesures lux, relevés photos, signature attestation sur l’honneur et plan de maintenance.

Prévoyez 6 à 8 semaines entre l’étude et la réception complète, incluant la fabrication sur mesure des conduits (ordre de grandeur indicatif).

Suivi post-installation

  • Mesures lux semestrielles (hiver/été) pour confirmer le maintien des niveaux d’éclairement.
  • Suivi du taux d’extinction des luminaires (exports GTB, enregistreur DALI).
  • Nettoyage des dômes et contrôle des joints chaque année, remplacement des diffuseurs si jaunissement.
  • Bilan des consommations 12 mois après travaux pour mesurer les gains réels.

FAQ IND-BA-114

Quelle distance maximale peut couvrir un conduit de lumière ?
La fiche ne fixe pas de longueur maximale de conduit. Elle exige un taux de transmission lumineuse du tube d’au moins 95 % pour 1,2 m de tube, évalué selon la CIE 173:2012. La longueur et le nombre de coudes réellement acceptables relèvent des préconisations du fabricant.
Comment justifier la régulation d’éclairage associée ?
La preuve de réalisation doit mentionner la mise en place du pilotage de l’éclairage électrique en fonction des apports de lumière naturelle. Notices des capteurs et capture du paramétrage sont des compléments utiles, non exigés par la fiche.
Les conduits nécessitent-ils une maintenance spécifique ?
La fiche n’impose aucune maintenance. En pratique, un nettoyage périodique des dômes, l’inspection des joints et le remplacement des diffuseurs jaunis aident à conserver la performance lumineuse.
Faut-il intégrer les conduits au dossier sécurité incendie ?
Oui, c’est recommandé : vérifiez la réaction au feu des diffuseurs et l’intégrité des traversées de toiture au regard de la réglementation applicable au site (Code du travail, ICPE). Ce point ne relève pas de la fiche CEE.