IND-BA-113

Fiche CEE IND-BA-113 — Lanterneaux d’éclairage zénithal

Dernière vérification : 10/2026 — Version A26-1 en vigueur (texte officiel relu le 10/10/2026)

Synthèse de la fiche

  • Objectif : Utiliser la lumière naturelle pour réduire l'éclairage artificiel dans les bâtiments industriels existants de France métropolitaine.
  • Équipement : Lanterneaux d'éclairage zénithal avec costière, ponctuels ou continus, avec pilotage automatique de l'éclairage électrique.
  • Critères clés : facteur de transmission lumineuse totale τD65 compris entre 45 % et 65 % ; conductance thermique Urc ≤ 2 W/m².K (lanterneaux ponctuels fixes) ou ≤ 2,5 W/m².K (ponctuels ouvrants, continus fixes et ouvrants) ; classe de durabilité ΔA ; pilotage automatique de l'éclairage électrique sur détection de lumière ; étude préalable de dimensionnement.
  • Durée de vie conventionnelle : 20 ans.
  • Calcul CEE : forfait par m² selon la zone climatique (3 400, 4 000 ou 6 400 kWh cumac/m²) × aire At flat de l'ensemble des lanterneaux installés.

La fiche IND-BA-113 valorise la mise en place de lanterneaux d’éclairage zénithal sur les bâtiments industriels existants de France métropolitaine. Ces ouvertures en toiture apportent de la lumière naturelle et, associées au pilotage automatique de l’éclairage électrique exigé par la fiche, réduisent la durée d’allumage des luminaires. Cette page vous guide de l’étude préalable à l’attestation sur l’honneur : critères techniques de la version A26-1, check-list documentaire, calcul officiel des kWh cumac et simulations chiffrées.

À quoi ça sert ?

Un lanterneau capte la lumière naturelle en toiture puis la diffuse à l’intérieur du volume grâce à un dôme transparent ou translucide. En industrie, il est surtout intéressant dans les locaux occupés en journée : ateliers, zones de préparation, halls de montage ou espaces de contrôle. Les bénéfices attendus, à évaluer par l’étude d’éclairage naturel, sont les suivants :

Schéma de principe d'un lanterneau d'éclairage zénithal (IND-BA-113)
Le lanterneau capte la lumière en toiture pour éclairer les zones centrales du bâtiment.

  • Amélioration du facteur de lumière du jour (FLJ) dans les zones éloignées des façades.
  • Réduction du temps d’allumage des luminaires en période diurne grâce au pilotage automatique sur détection de lumière.
  • Confort visuel des opérateurs grâce à un éclairage naturel mieux réparti.
  • Contribution aux objectifs RSE de réduction des consommations électriques.

Le retour sur investissement dépend du coût des travaux de toiture, des heures d’occupation diurnes et de la puissance d’éclairage pilotée : il doit être calculé pour chaque site. Le remplacement des luminaires par des LED n’est plus finançable par la fiche IND-BA-116, abrogée depuis le 25/02/2026.

Critères CEE (synthèse non littérale)

Conditions fixées par la version A26-1 de la fiche :

  • Secteur : bâtiments industriels existants en France métropolitaine.
  • Opération : mise en place de lanterneaux d’éclairage zénithal, avec costière, ponctuels ou continus, réalisée par un professionnel.
  • Conductance thermique Urc : ≤ 2 W/m².K pour les lanterneaux ponctuels fixes ; ≤ 2,5 W/m².K pour les lanterneaux ponctuels ouvrants et les lanterneaux continus fixes et ouvrants.
  • Classe de durabilité : ΔA.
  • Facteur de transmission lumineuse totale τD65 : compris entre 45 % et 65 %.
  • Normes : spécifications déterminées selon la norme EN 1873+A1 (lanterneaux ponctuels) ou EN 14963 (lanterneaux continus).
  • Pilotage : pilotage automatique de l’éclairage électrique sur détection de lumière, en fonction des apports de lumière naturelle.
  • Étude préalable : étude de dimensionnement des ouvrages d’éclairage naturel réalisée par un professionnel ou un bureau d’études. Elle précise les caractéristiques des lanterneaux (conductance thermique, durabilité, transmission lumineuse), leur nombre, leur destination (éclairage, évacuation des fumées), leur implantation et leurs conditions d’installation, ainsi que l’aire de la projection horizontale de la surface éclairante de la paroi translucide de chaque équipement.

Bonnes pratiques hors fiche CEE : vérification de la résistance mécanique (neige, vent), conformité EN 12101-2 si les lanterneaux servent au désenfumage, protection solaire contre l’éblouissement et les apports estivaux, respect des DTU de toiture. Ces points ne sont pas des conditions de la fiche IND-BA-113, qui n’exige pas non plus de qualification particulière de l’installateur.

Éligibilité — check-list opérationnelle

Questions à poser en amont (conseils)

  • Le projet est-il pertinent pour le site (surface concernée, heures d’occupation en journée) ? La fiche ne fixe aucun seuil de surface ni d’heures.
  • Le diagnostic lumière naturelle (FLJ) identifie-t-il un déficit d’éclairement significatif ?
  • Les lanterneaux sélectionnés respectent-ils Urc, τD65 (45 à 65 %) et la classe de durabilité ΔA exigés par la fiche ?
  • L’installation d’éclairage peut-elle être pilotée automatiquement sur détection de lumière ?
  • Le plan toiture intègre-t-il la gestion des condensats, de la vapeur et des risques d’infiltration ?

Checklist documentaire CEE

  • Rôle actif et incitatif de l’obligé (ou de son délégataire) formalisé avant la date d’engagement de l’opération (acceptation du devis).
  • Étude préalable de dimensionnement des ouvrages d’éclairage naturel : c’est le document justificatif spécifique à l’opération.
  • Preuve de réalisation (facture) comportant les mentions exigées par la fiche (voir « Preuves & contrôles »).
  • Attestation sur l’honneur complétée et signée par le bénéficiaire.
  • Calcul des kWh cumac fondé sur l’aire At flat et la zone climatique.

Prime CEE — calcul officiel

La fiche IND-BA-113 attribue un montant forfaitaire par m² qui dépend de la zone climatique (H1, H2, H3). Il est multiplié par l’aire de la projection horizontale de la surface éclairante de la paroi translucide (At flat) de l’ensemble des lanterneaux installés. L’At flat est égale à la projection horizontale de la plus petite section de passage de la lumière naturelle. La durée de vie conventionnelle est de 20 ans.

Montant [kWh cumac] = forfait de la zone [kWh cumac/m²] × S [m² d’At flat]

Zone climatique Montant en kWh cumac par m² d’At flat
H13 400
H24 000
H36 400

Exemple de calcul

Paramètre Valeur Commentaire
Aire At flat (S) 35 m² Hypothèse pour un atelier de 3 500 m² (1 % de la surface au sol)
Zone climatique H1 Forfait de la zone H1
kWh cumac/m² 3 400 Pour la zone H1
kWh cumac 119 000 35 m² × 3 400 kWh cumac/m²

Avec une hypothèse de prix de 8,2 €/MWh cumac, la prime serait d’environ 119 MWh cumac × 8,2 ≈ 976 €. Pour la même aire, le volume serait de 35 × 4 000 = 140 000 kWh cumac en zone H2 (environ 1 148 €) et de 35 × 6 400 = 224 000 kWh cumac en zone H3 (environ 1 837 €). Seul le prix contractualisé avec l’obligé fait foi.

Preuves & contrôles

La preuve de réalisation de l’opération mentionne :

  • la mise en place de lanterneaux d’éclairage zénithal et leur nombre ;
  • la conductance thermique Urc des lanterneaux ;
  • le facteur de transmission lumineuse totale τD65 ;
  • l’aire de la projection horizontale de la surface éclairante de la paroi translucide (At flat) ;
  • la mise en place d’un pilotage automatique de l’éclairage électrique sur détection de lumière en fonction des apports de lumière naturelle ;
  • la classe de durabilité des lanterneaux.

À défaut, la preuve mentionne la marque et la référence des équipements, leur nombre, l’At flat et le pilotage automatique de l’éclairage ; elle est alors complétée par un document du fabricant indiquant qu’il s’agit de lanterneaux d’éclairage zénithal et mentionnant leur conductance thermique, leur facteur τD65 et leur classe de durabilité. Le document justificatif spécifique est l’étude de dimensionnement préalable.

Contrôles : IND-BA-113 ne figure pas à l’annexe II de l’arrêté du 28 septembre 2021 relatif aux contrôles (version en vigueur depuis le 05/09/2026) ; aucun taux minimal de contrôle spécifique n’est donc fixé pour cette fiche par ce texte. Le dossier reste soumis aux contrôles de droit commun du dispositif CEE. Conserver photos, plans de calepinage et relevés d’éclairement reste une bonne pratique.

Non-cumul & points de vigilance

  • La fiche ne contient pas de règle de non-cumul spécifique : faites confirmer par l’obligé et par chaque financeur les règles de cumul avec d’autres aides avant la signature du devis.
  • Coordonnez le projet avec les autres opérations du bâtiment, par exemple IND-BA-110 (déstratification), ou IND-UT-137 sur un site disposant de chaleur fatale.
  • Respecter les exigences ICPE/ATEX et incendie du site : matériaux, dispositifs de fermeture automatique si besoin.
  • Prévoir des protections solaires pour limiter les apports en été sur les machines sensibles (conseil).
  • Nettoyer régulièrement les parois translucides pour maintenir la transmission lumineuse (bonne pratique, non exigée par la fiche).

Cas d’usage & ROI (3 simulations)

Simulations fictives, pas des cas clients. Les primes sont calculées avec le forfait officiel et une hypothèse de prix de 8,2 €/MWh cumac.

Usine agroalimentaire

Lanterneaux bi-parois et capteurs de luminosité. Hypothèses : 1 200 m² d’At flat, zone H1. kWh cumac : 1 200 × 3 400 = 4 080 000 kWh cumac. Prime : 4 080 MWh cumac × 8,2 ≈ 33 456 €. Économies : 28 k€/an (ordre de grandeur indicatif). Le ROI se calcule avec le devis réel. Confort amélioré pour les opérateurs en zone de conditionnement.

Plateforme logistique

Remplacement de lanterneaux obsolètes par des modèles respectant les seuils Urc de la fiche, couplage au pilotage de l’éclairage. Éligible seulement si le bâtiment relève du secteur industriel. Prime : 24 k€ (ordre de grandeur indicatif, à recalculer avec l’At flat et la zone). Gains : 41 k€/an (ordre de grandeur indicatif).

Atelier mécanique de précision

Lanterneaux avec stores motorisés anti-éblouissement. Prime : 9 k€ (ordre de grandeur indicatif, à recalculer avec l’At flat et la zone). Économies : 18 k€/an (ordre de grandeur indicatif). Meilleur rendu des couleurs pour le contrôle qualité.

Mise en œuvre

  1. Diagnostic lumière : FLJ, cartographie des zones sombres, scénarios d’occupation, identification des priorités.
  2. Étude préalable de dimensionnement (exigée par la fiche) : caractéristiques, nombre, destination, implantation des lanterneaux et At flat de chaque équipement ; calculs structurels à prévoir en complément.
  3. Coordination : concertation avec maintenance, sûreté, incendie, mise à jour du plan de toiture.
  4. Installation : découpe toiture, pose lanterneau, étanchéité, mise en place du pilotage automatique de l’éclairage.
  5. Réception : mesures lux, tests d’ouverture, vérification anti-condensation, PV signé.

Planifiez 4 à 6 semaines entre l’audit et la réception (ordre de grandeur indicatif), hors délais de fabrication spécifiques (dômes de grande taille, stores motorisés, peintures anti-UV).

Suivi post-travaux

  • Campagne luxmétrique annuelle pour vérifier l’atteinte des objectifs d’éclairement.
  • Nettoyage périodique des parois translucides, contrôle des joints, inspection des systèmes d’ouverture.
  • Analyse des données de la régulation pour confirmer les heures d’extinction des luminaires.
  • Mise à jour du dossier sécurité incendie si les lanterneaux servent au désenfumage.

FAQ IND-BA-113

Comment éviter le double comptage avec les luminaires LED ?
La fiche IND-BA-116 (luminaires à modules LED) est abrogée depuis le 25/02/2026 : un relamping LED ne peut plus être valorisé via cette fiche. Pour IND-BA-113, le volume ne dépend pas des heures d’extinction : il est égal au forfait de la zone climatique (3 400, 4 000 ou 6 400 kWh cumac/m²) multiplié par l’aire At flat des lanterneaux installés.
Quels justificatifs fournir pour la régulation d’éclairage ?
La preuve de réalisation doit mentionner la mise en place d’un pilotage automatique de l’éclairage électrique sur détection de lumière, en fonction des apports de lumière naturelle. Synoptique, notices des capteurs et procès-verbal de mise en service sont des compléments utiles, non exigés par la fiche.
Les lanterneaux peuvent-ils servir au désenfumage ?
Oui, si le lanterneau répond aux exigences de sécurité incendie applicables (notamment EN 12101-2). L’étude préalable exigée par la fiche précise la destination de chaque lanterneau (éclairage, évacuation des fumées). Seuls les lanterneaux comptent dans le calcul : les équipements de désenfumage complémentaires (moteurs, centrale) ne sont pas valorisés.