CEE pour le Traitement de l'Eau & l'Assainissement

Stations d'épuration (STEP), usines d'eau potable et réseaux de relèvement fonctionnent 24/7 avec des utilités très énergivores : soufflantes, pompes, digesteurs, chauffage des locaux techniques. Les CEE financent les modernisations indispensables pour sécuriser la conformité sanitaire tout en réduisant les coûts d'exploitation des collectivités et délégataires.

  Enjeux Énergétiques des STEP et usines d'eau

Le profil de consommation est dominé par quelques utilités critiques.

  • Aération biologique (35-50 %) : Soufflantes, surpresseurs et diffuseurs d'air représentent le premier poste électrique des STEP urbaines.
  • Pompage et relèvement (20-30 %) : Pompes de reprise, surpresseurs d'eau potable et circuits de NEP fonctionnent en continu avec souvent un surdimensionnement historique.
  • Traitement des boues (10-20 %) : Digesteurs, épaississeurs, centrifugeuses et séchoirs consomment de la chaleur et de l'électricité.
  • Bâtiments techniques & GTB (10-15 %) : Chauffage, ventilation des locaux, éclairage et supervision multi-sites (PC de commande, GTB/GTC).

  Contraintes sectorielles

  • Continuité de service : Les rejets d'eaux usées ne s'arrêtent pas. Les projets se réalisent par filière redondante ou pendant les périodes de faible charge.
  • Qualité de l'eau : Toute modification doit garantir la qualité de l'eau (potable ou rejet) ainsi que l'absence d'impact sur les paramètres réglementaires (DBO, DCO, MES, nitrates, PFAS).
  • Atmosphères corrosives ou ATEX : Les digesteurs biogaz, salles de soufflantes et postes de relevage nécessitent des matériels compatibles H2S et ATEX.
  • Modèles contractuels : DSP, affermage ou régie : répartir la prime CEE entre collectivité et exploitant nécessite une gouvernance claire.

  Opérations CEE Prioritaires

  1. Soufflantes & aération

Moderniser l'aération réduit les consommations électriques tout en améliorant la qualité de l'eau.

  2. Pompage, relèvement et réseaux

Chaque point de pompage est une opportunité de gains grâce à l'adaptation fine des débits.

  3. Boues, biogaz et chaleur fatale

Les filières boues génèrent des rejets thermiques précieux et souvent sous-valorisés.

  4. GTB, supervision et multi-sites

Les collectivités et exploitants gèrent souvent plusieurs sites dispersés.

  • GTB/GTC CEE – Supervision centralisée des pompes, soufflantes et alarmes pour déclencher automatiquement les modes ECO.
  • IND-UT-140 – Mise en veille automatique des équipements auxiliaires (HVAC locaux, convoyeurs) lors des phases creuses.
  • Instrumentation & IPE – Sous-comptage énergie et débitmètres pour objectiver les gains et piloter les contrats de performance.

  KPI inter-filières

Les exploitants suivent désormais les kWh/1000 m³ traités, kWh/kg de boues et le SME (taux d’usage soufflantes). Ces indicateurs se partagent avec les sites industriels connectés.

  • Industries agroalimentaires : Les usines agro se raccordent souvent aux STEP de site : variateurs IND-UT-102, séquenceurs IND-UT-124 et GTB facilitent le pilotage commun.
  • Plateformes logistiques : Les bassins d’orage et postes de relevage partagés avec la logistique frigorifique utilisent la mise en veille IND-UT-140 et les LED (IND-BA-116) pour les locaux techniques.
  • Chimie & minéraux : Les stations de neutralisation des secteurs chimie et ciment / chaux répliquent les mêmes schémas de récupération de chaleur (IND-UT-137) et de stockage (IND-UT-139).

La consolidation de ces KPI renforce le rôle central du traitement de l’eau et simplifie la présentation des gains CEE lors des comités de pilotage multi-sites.

  Cas d'Usage Concrets

Cas 1 : STEP 120 000 EH – modernisation des soufflantes

Projet : Remplacement de 4 soufflantes à lobes par 3 turbocompresseurs équipés de variateurs (IND-UT-102) et séquenceur (IND-UT-124).

  • Investissement : 520 000 € HT
  • Prime CEE : 135 000 €
  • Gain électrique : -28 % soit 1,3 GWh/an
  • ROI net : 3,1 ans

Cas 2 : Usines d'eau potable multi-sites

Projet : Ajout de variateurs (IND-UT-102) sur 12 pompes de surpression et GTB centralisée pour pilotage à distance.

  • Investissement : 280 000 € HT
  • Prime CEE : 62 000 €
  • Gain : -18 % sur la facture électrique + réduction des coups de bélier
  • ROI net : 2,6 ans

  Démarche CEE adaptée au traitement de l'eau

  1. Campagne de mesures : Mesurer le taux d'utilisation des soufflantes/pompes et les pressions réelles pour dimensionner précisément les gains.
  2. Analyse réglementaire : Vérifier les autorisations ICPE, les contraintes de rejet et les risques ATEX/biogaz.
  3. Engagement CEE en amont : Signature du protocole CEE avant tout bon de commande, même pour des renouvellements planifiés.
  4. Planification par filière : Travailler tranche par tranche pour maintenir la continuité de service (aération, pompage, boues).
  5. Dossier de preuves : Rassembler schémas process, bilans 24h STEP, rapports de mise en service et historiques de supervision (SCADA).

  FAQ – Traitement de l'eau et CEE

Peut-on mobiliser des CEE si le service est délégué ?
Oui. Le bénéficiaire reste la collectivité ou l'exploitant selon le contrat (DSP, affermage, régie). Un avenant peut préciser la répartition de la prime CEE et le rôle de chacun pour collecter les preuves.
Les variateurs perturbent-ils la qualité de l'aération ?
Au contraire, un pilotage par DO (oxygène dissous) est plus fin et réduit les dépassements. Il faut néanmoins vérifier la compatibilité électromagnétique (CEM) et prévoir un by-pass manuel.
Les digesteurs sont-ils éligibles à la récupération de chaleur ?
Oui. Les fiches IND-UT-137 et IND-UT-139 couvrent la récupération et le stockage de chaleur sur digestats ou condenseurs biogaz, dès lors que la chaleur est valorisée sur site.

Cas associés

Pour approfondir la gestion des utilités critiques :